WMC
 

    Tunisie : Lassaad Laabidi (ministère du Commerce), “Comment contrôler les 200.000 points de vente au détail?!“

  • Par Maryam OMAR

  • Nous avons posé 3 questions à Lassaad Laabidi, chargé de mission au ministère de l'Industrie et du Commerce, le 27 janvier lors de la 45ème rencontre de la Cellule d'information du Premier ministère.

    WMC : Avec seulement 700 contrôleurs, qu'espérez-vous faire alors que tout est sur leurs épaules : prix, qualité, produits interdits, même les fumeurs dans les cafés...? Pourquoi n'avoir pas lancé des recrutements?

    Lassaad Laabidi: Nous avons reçu de nombreuses demandes d'emploi dans ce secteur, mais nous ne pouvons décider seuls. Les recrutements dans la fonction publique se font en coordination avec le Premier ministère et le ministère des Finances.

    Concernant le nombre de 700 contrôleurs, jusqu'où pouvons-nous aller pour contrôler les 200.000 points de vente au détail? Quel ratio de nombre doit-on accepter? Nous avons un programme de recrutement mais il y a un arbitrage à faire...

    Vous avez dit “Nous ne comprenons pas pourquoi ces hausses de prix...“, alors que toutes les données dont votre département dispose indiquent qu'il n'existe pas aujourd'hui de “produits à problèmes“. Qu'allez-vous répondre aux catégories défavorisées qui souffrent le plus des prix exagérés?

    Nous avons déboursé 1.246 millions de dinars de compensation pour les produits de base au cours de l'année dernière et nous prévoyons d'en dépenser encore 1.200 millions de dinars cette année. Mais il faut bien savoir que nous comprenons parfaitement la situation des plus démunis. Nous sommes sur le terrain en tant que fonctionnaires du ministère du Commerce, mais nous avons des familles et nous faisons également nos emplettes comme tout le monde. Personne ne connaît le marché mieux que l'autre et nous savons pertinemment que le citoyen est en train de se plaindre des prix.

    Il y a une coordination avec les autres ministères au niveau de la production, par exemple le ministère de l'Agriculture. Je conviens qu'il faut voir d'où vient le problème car il y a manifestement une difficulté structurelle qu'il faut identifier.

    Il y a les contrebandiers mais il les intermédiaires agissent également dans le mauvais sens et nous sommes conscients des difficultés des citoyens mais nous devons être clairs quant au problème du niveau de vie.

    Alors que tout le monde dénonce les déficiences de données, êtes-vous en coordination avec l'Institut national des statistiques (INS) pour faire passer les données que vous accumulez directement sur le terrain au système national d'informations?

    L'INS et nous travaillons ensemble, même s'ils relèvent administrativement du ministère du Développement. Cet institut dispose de grandes compétences et je sais que, dans l'indicateur des prix, leur travail est professionnel, aussi professionnel que celui des gens de l'INSEE en France. Je sais aussi que l'approche de l'INS est scientifique, même si, comme vous l'avez dit, beaucoup disent que certains chiffres manquent de crédibilité. Il faut aussi comprendre les processus difficiles de l'INS: il y a l'échantillonnage, le choix des points de vente... pour aller au fond des choses.

  • - Tous les articles sur Commerce

Convertisseur de Devises

» Cours du:
» Montant:
» En :
» Résultat :

   0.4945